Vénérable Seigneur Sanglier

pavjap

Je me plais à régir ma forêt coutumière,
Territoire paisible où n’est aucun frondeur ;
Quand Phébus disparaît aux noires profondeurs,
Ma complice la Lune accomplit sa carrière.

Je médite sans fin dans sa douce lumière,
Sans jamais en hiver objecter sa froideur :
Car sa clarté me donne une belle vigueur,
Et me fait occuper ma place, la première.

Jamais cette forêt ne s’en va de mon coeur,
Cette terre sans roi, qui me voit en vainqueur,
Le monde qui me plaît, le jardin que j’adore.

Je veux pour tout objet l’avoir en mon esprit ;
Contempler sa splendeur, en estimer le prix,
Manger, boire, dormir et méditer encore

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