Tag Archive: Robert Doisneau

La torpeur

by

Photographie de Doisneau La torpeur qui s’installe aux premiers jours d’automne Endort les banlieusards au petit matin gris. J’ai vu ça très souvent, je n’en suis pas surpris, Et nul, autour de moi,… Continue reading

Je suis le Goupillon

by

Photographie de Doisneau Je suis le Goupillon, et je peux contrôler Le lézard d’Aquitaine et la sole abolie. Mais ma Mémoire est morte, et mon porc constellé Porte le roi Simon à la mélancolie. En ouvrant un tonneau, le roi m’a consolé, C’était dans un troquet, avenue d’Italie, Car le pinard plaît à mon esprit désolé, Tandis que le lézard à la sole s’allie. Suis­-je Cochonfucius ? Suis-­je donc un peu rond ? Mes yeux se plongent dans les yeux verts de la reine, J’ai sous le crâne un son plus fort qu’une sirène. Je vois le lézard-sole appeler le patron, Car il a trop la dalle et il voudrait bouffer Une poire au comptoir avec un p’tit café.

The Dark One

by

Photographie de Doisneau I am Cromwell the Dark, and I control Aquitaine’s old camel and the lost shrew. But my Memory is dead, my star­-struck head Brings King Gontran somber Melancholy. By opening a barrel, the King saved me, It was in Paris, Avenue d’Italie, Plonk is what pleases my destroyed soul, While the camel with the shrew does dally. Am I Cochonfucius ? Am I quite drunk ? My eyes are lost in the Queen’s dark green ones, My head resounds with the howling of monsters. I see the camel­-shrew waiting for food, And I can see the cook bringing a plate Of fried fish here, and a cup of coffee.

Un flâneur

by

Photographie de Doisneau Flâner, que faire d’autre en ce monde insipide ? Sur ce dernier plaisir, ne tirons pas un trait. Flâner plus que bosser a de charmants attraits, L’esprit, quand vient le… Continue reading

Sur Un Air De Verlaine

by

Photographie de Doisneau Ayant chassé la biche unique qui appelle, Je me suis promené mais j’avais un peu faim. La biche savourait le soleil du matin, Colorant chaque fleur d’une utile aquarelle. Rien n’a changé. J’ai tout connu : l’humble gamelle De clématite avec les noms de mes cousins ; Le moineau fait toujours son murmure vilain Et le voiturier sa plainte traditionnelle. Les gloires comme avant palpitent ; comme avant, Les moineaux orgueilleux se consolent au vent, Chaque buvette qui va et vient m’est connue. Pire, j’ai retrouvé debout le Grand Bougnat Dont le cuivre verdit au bout de l’avenue, ­­ Grêle, parmi l’odeur pauvre du jojoba.

Quelques vieux bouquins au fond d’un grenier

by

Photographie de Doisneau Au poussiéreux grenier, ce soir, je suis monté, Cela fait sursauter une araignée rêveuse… Ah ! Tant de vieux cartons de lettres d’amoureuses, Je ne méritais pas tous ces flots de bonté. Au grenier silencieux, le temps s’est arrêté. J’ai ressenti en moi cette douleur charmeuse. Même si la torpeur du lieu est endormeuse, Il s’en exhale aussi comme un parfum d’été. Ainsi que l’eau sur moi glissent les ans qui passent, Je fais la même chose, et jamais ne m’en lasse : On aime reproduire un geste familier. L’harmonie, je n’y puis parvenir en ce monde, Car j’en suis détourné, seconde après seconde, Par mes livres offrant leurs pages, par milliers.

Suivre les arcs-en-ciel

by

Photographie de Doisneau Allons marcher, dit-il, où sont les bouquinistes, Sur les bords de la Seine ils nous accueilleront, En me reconnaissant, bouteilles trouveront ; Prenons le verre en main, car, vraiment ils insistent.… Continue reading

Un autobus

by

Photographie de Doisneau A l’arrêt d’autobus, un homme a son regard Capté par la beauté d’une femme en attente. « Vous êtes belle », a-t-il dit d’une voix charmante. L’autobus arriva, même pas en… Continue reading