Tag Archive: Amour

Pour la dame de mes pensées

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Toile Charles Alphonse Dufresnoy N’allons point nous livrer à la mélancolie, (Est-­ce là le devoir d’une âme envers une âme ?) Celle qui aujourd’hui ces beaux vers me dédie N’évoque rien pour moi de triste ni d’infâme… Le monde d’un poète est jardin de folie, Les plus beaux nénuphars poussent où nul ne rame. Nos âmes vont cherchant une rime jolie, Et d’amour de ses mots la rime nous enflamme. Car les plus beaux récits sont les inachevés, Les plus belles passions celles qu’on n’a pu vivre ; Cet esprit est usé, mais pas démotivé. Lorsque du jour dernier la trompette de cuivre Dira « Mourez, mortels, ce monde est lessivé. », Alors c’est notre amour qui devra nous survivre.

Meredith, again

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Toile de Mathis Miles Williams Mon coeur me dit que sans dormir ton âme pleure Quand d’une main ton beau visage en un sursaut Est effleuré (je sens qu’il mourut un sanglot Qui… Continue reading

Aubervilliers en janvier 2010

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Toile de Henri Gervex Marchant de Saint-­Denis jusqu’à Aubervilliers, Je suivais le canal où s’ébattaient les truites ; J’allais voir une femme avec qui j’étais lié, Toute idée de morale étant en moi détruite. Elle m’attendait là, debout sur son palier ; Au soleil de midi vous preniez tous la fuite, Démons de la tristesse, et vous vous en alliez Chez d’autres gens semer des délires sans suite. Abrités par un seul trop grand peignoir de bain, Nous formions un seul corps, union sans lendemain, Des moineaux se battaient auprès de la fenêtre. Corps souples d’animaux, corps nobles des humains, Tendre douceur du ventre et fermeté des mains, Dans l’action n’ayant ni un “mais” ni un “peut-­être”.

Le cochon et l’hirondelle

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Toile de Fragonard L’hirondelle appela le cochon au parloir, Pour qu’il eût l’occasion de déclarer sa flamme. Le cochon n’osait pas (timide était son âme, Il n’était pas du genre à se faire… Continue reading

un campement rustique

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Toile de Tish Tish Les amoureux marchent pieds nus Au printemps dans une herbe tendre, Entourés de sons inconnus Qu’ils ont seuls à pouvoir entendre. Avant que le soir fût venu Ils ont trouvé de quoi s’étendre ; Les gestes longtemps retenus Sont accomplis sans plus attendre. Au lointain dorment les villages, Nul paysan au pâturage, Nul promeneur sur le chemin. A l’horizon dort la montagne. Dorment compagnon et compagne Ici, sans penser à demain.

Saint-­Jean d’été

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Toile de Angelica Gerih Le roi qui trop aimait son savoir sans saveur Sourit en recevant cette carte lancée Dans son courrier par la dame de ses pensées. S’il ne croit mériter une telle faveur, Il est réconforté d’une telle ferveur Et que se continue l’histoire commencée. Si son âme parfois est décontenancée, Si son esprit soudain en est rendu rêveur, Il suivra malgré tout l’aventureux chemin Qui va de chaque jour à chaque lendemain, Il suivra le tracé d’une absence de route, S’arrêtant pour dormir à l’ombre d’un buisson A l’heure où la forêt ne produit aucun son : Mais il entend celui de son coeur en déroute

un dimanche auprès d’une église

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Peinture chinoise === 张辛稼 Le printemps nous invite à des amours nouvelles Je n’ai jamais voulu t’installer en prison Ni construire une histoire ignorant la raison Hélas sur tes portraits comme je te vois belle Sous mon toit dans trois jours reviendra l’hirondelle Pour elle ce sera le temps de couvaison J’entendrai ses enfants égayer ma maison À toi j’aurais voulu pouvoir être fidèle Mais au bas d’une église on s’est dit au revoir Puisque notre aventure est vraiment sans espoir Nous entendions la cloche annoncer un baptême S’il est permis d’écrire un aveu laborieux S’il est permis d’écrire ici ce mot sérieux Princesse, je t’aimais, je t’aimerai, je t’aime

Les soupirants

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Paul-Albert Laurens Le pape en son jardin veut recevoir la reine, Qui devenir papesse oncques ne souhaiterait. Plutôt avec l’ermite errer dans la forêt, Même au coeur de la nuit, puisque la lune est pleine. L’ermite reste froid devant sa souveraine, Pour ce qui vient du monde il n’a plus d’intérêt. Une cruche de vin capiteux et bien frais Suffit pour lui garder sa bonne humeur sereine. Mais moi, dit le héros, cette reine, je l’aime, Et je l’ai affirmé souvent dans mes poèmes. La reine a peu de goût pour les alexandrins. Alors notre héros s’enfuit dans la montagne, Une envie de rester seul pour un temps le gagne. La reine fait sa vie avec le fier Mandrin.

Le printemps

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Toile de Rashmi Pitre La poésie fleurit sur les douleurs tranquilles, Son tissage patient se veut consolateur. Nous n’irons plus nager au large de notre île, Nous avons renoncé à franchir l’Equateur. Ton… Continue reading