Un flâneur

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Photographie de Doisneau Flâner, que faire d’autre en ce monde insipide ? Sur ce dernier plaisir, ne tirons pas un trait. Flâner plus que bosser a de charmants attraits, L’esprit, quand vient le… Continue reading

Un instant

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Aquarelle de Zao Wou Ki Faire que chaque instant vibre, comme éternel ; Flotter au fil du vent comme au ciel un nuage, C’est de l’esprit humain le plus bel apanage Dont il… Continue reading

Un camembert sans squelette

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Toile de Kandinsky Exercice de style, ou jaillissement pur ? Le fait d’avoir un peu apprivoisé la forme Permet-­il d’éveiller les sentiments qui dorment, Ou n’est-­ce que de l’encre étalée sur un mur ? Est-­ce pour confirmer ce dont je ne suis sûr, Ce que je crois trop vain, trop idiot, trop énorme Que j’aligne mon texte en respectant la norme ? Envers mes illusions, ne soyez pas trop durs. Quant à noyer mes vers au jus de la bouteille, Je le fais certains jours, à l’ombre d’une treille, Mais la sobriété me guide, au quotidien. Qu’on trouve peu de sens à mes œuvres frivoles, C’est que facilement je fuis et je m’envole Vers un monde onirique où le sens ne m’est rien.

Et si…

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Toile de Nicolai Abraham Abildgaard Et si des cauchemars surviennent au matin, Fais­-leur un bon accueil, ils sont là pour t’instruire. Ils ne possèdent pas le pouvoir de te nuire. Rendors­-toi calmement dans tes draps de satin. Des poètes savants l’ont écrit en latin : Dans un cerveau nocturne on peut voir s’introduire Des monstres fabuleux, menaçant de détruire L’esprit désemparé que leur fureur atteint ; Certes, ton âme tremble aux éclats de leur voix, Et leur brûlant regard t’éveilla mainte fois, La sueur inondant tes oreillers de plume. Mais l’esprit les absorbe, ainsi qu’un océan, Et dans sa profondeur dissout leur corps géant Dont il ne restera qu’imperceptible écume.  

Un filigrane

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Shan Shui de Yong Liang Yang Est-il un filigrane, ô Toile, pour tes pages ? Le silence en est un, ai-­je lu aujourd’hui, Silence où le regret en douceur s’introduit Comme un bruit de cascade au profond des ombrages. Le temps, heure après heure, a tissé un voilage Pour occulter l’éclat dont mes jours et mes nuits Furent illuminés. Ce charme qui s’enfuit Laissera-­t-il en moi un signe de passage ? Les cicatrices qui sur notre corps perdurent, Marquent le souvenir des anciennes blessures ; A force de les voir, on ne les perçoit plus. L’écrit le plus charmant n’est pas toujours lisible, L’essentiel a pour lot de rester invisible. Un filigrane est là, personne ne l’a lu.

Occam en vacances

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Toile de Yi Chong Est­-ce la perception qui nous permet de voir ? C’est chose plus complexe, une interne écriture S’appuyant sur ce qui dans le cerveau perdure Et, petit à petit, constitue le savoir. Croire à l’inattendu serait presque un devoir, Si tu veux que ta vie demeure une aventure. Tu ne la connais pas sous toutes les coutures, Occam ne prête pas tous les jours son rasoir. Je me regarde vivre et je me vois mourir, Je ne crains pas ma mort, et je sais en nourrir Les modestes accents de ce petit poème. Merci à l’univers de m’offrir ces instants Où je ne suis pas trop à moi-même distant ; Merci, cher compagnon, de proposer ce thème.

Longues décennies

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Représentation de Lao-Tseu Est-ce la même voix, est-ce la même peau ? De mon corps vieillissant, que puis-je encore attendre ? Même si à fort peu de charme il peut prétendre, Certains jours,… Continue reading

Les reptiles

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Gravure de Escher Escher fut un démiurge à la vision fertile. Ses mondes infinis n’engendrent pas l’ennui, Traversés comme ils sont de prodigieux circuits ; Des monstres étonnants y trouvent domicile. L’art de… Continue reading

Escargot sur une vitre

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Peinture traditionnelle coréenne. Escargot sur ma fenêtre, Tu traverses le ciel gris, Lent comme le sont les maîtres : Les jardins te l’ont appris. Quand je puis me le permettre, J’aime paresser ainsi,… Continue reading