Dieu est un jeune chat

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Peinture à l’encre  L’été meurt. Dieu est faible, et toujours ça m’étonne… Il vit dans son présent, il n’a donc rien appris ; Dieu est presque invisible à force d’être gris : Mais… Continue reading

Les fourmis du marronnier

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Toile de Magritte Les fourmis parcourant le tronc du marronnier Suivent obstinément leur route verticale. C’est trop tôt dans l’année pour trouver des cigales, Pas trop tôt cependant pour remplir les greniers. Comme… Continue reading

Un art de lire

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Pièce de Riccardo Guasco Le sens d’une écriture, il est dans le regard D’un lecteur appliqué à lire entre les lignes. Dans son esprit limpide, il assemble les signes, Et la révélation lui… Continue reading

Le seigneur Picrochole

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Toile de Bruegel l’Ancien Le seigneur Picrochole a donné pour consigne Que l’on fasse la guerre au seigneur Grandgousier. Il a mobilisé treize mille obusiers, Cette imposante armée en bon ordre s’aligne. C’est… Continue reading

Cosmologie barbare

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Toile de Christopher Walde Les astres vagabonds sont aimés des poètes, Surtout ceux dont le cours va vers un but fatal. Je les vois parcourir les voûtes de cristal Qui servent de barrière… Continue reading

le rire de la tortue

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Illustration : assemblage de Cochonfucius Les animaux du monde étant désemparés Par un fléau mortel, usèrent d’artifice Pour savoir qui d’entre eux mourrait en sacrifice. Chacun devrait sur l’heure une blague narrer A Madame Tortue, pour la faire marrer. Si la tortue riait, on aurait bénéfice De la vie ; de périr, sinon, par les offices D’un bourreau qui, dans l’ombre, était là, préparé. L’éléphant raconta. Point de rire. Il mourut. Or, plus d’un animal après lui disparut, Car la tortue, toujours, restait imperturbable. Quand vint le tour du singe, il tremblait de frayeur. L’écoutant, la tortue s’esclaffa de bon cœur : « Celle de l’éléphant! Elle était ! Impayable ! »

un campement rustique

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Toile de Tish Tish Les amoureux marchent pieds nus Au printemps dans une herbe tendre, Entourés de sons inconnus Qu’ils ont seuls à pouvoir entendre. Avant que le soir fût venu Ils ont trouvé de quoi s’étendre ; Les gestes longtemps retenus Sont accomplis sans plus attendre. Au lointain dorment les villages, Nul paysan au pâturage, Nul promeneur sur le chemin. A l’horizon dort la montagne. Dorment compagnon et compagne Ici, sans penser à demain.

Saint-­Jean d’été

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Toile de Angelica Gerih Le roi qui trop aimait son savoir sans saveur Sourit en recevant cette carte lancée Dans son courrier par la dame de ses pensées. S’il ne croit mériter une telle faveur, Il est réconforté d’une telle ferveur Et que se continue l’histoire commencée. Si son âme parfois est décontenancée, Si son esprit soudain en est rendu rêveur, Il suivra malgré tout l’aventureux chemin Qui va de chaque jour à chaque lendemain, Il suivra le tracé d’une absence de route, S’arrêtant pour dormir à l’ombre d’un buisson A l’heure où la forêt ne produit aucun son : Mais il entend celui de son coeur en déroute

Les rois

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Peinture traditionnelle chinoise Le roi jaune a voulu obtenir la richesse, Je lui dis qu’il est bon pour un roi d’être nu. Le roi mauve a rêvé d’une histoire de cul, Je lui dis qu’il se doit d’agir avec noblesse. Le roi orange veut s’enfoncer dans l’ivresse, Je l’avertis du sort de ceux qui ont trop bu. Le roi rose inventa des gadgets de son cru, Je dis que là n’est point la divine sagesse. Le roi rouge veut être un puissant souverain, Je lui dis : « Ne sois pas ce monstre que l’on craint, Nous préférons les rois qui sont ce que nous sommes ».… Continue reading