L’araignée du piano

spider

Ici les musiciens viennent trop rarement,
Les cordes, tout le jour, observent le silence ;
Ce beau meuble subit des mouches l’insolence,
Je les vois atterrir et souiller l’instrument.

Une araignée, qui voit cet envahissement,
Finit par décider d’en faire sa pitance ;
Elle a bien vite fait d’interrompre leur danse
En dévorant leurs corps, sans avertissement.

Un poète rêveur survient, qui la contemple ;
Il écrit ce sonnet, vraiment, sans y penser ;
Il faut lui pardonner, car c’est un insensé.

L’araignée du piano, comme un prêtre en son temple,
Par son digne maintien donne le bon exemple ;
Mais c’est bien superflu, soit dit sans l’offenser.

Advertisement