Anatomie d’un monstre

monster

Son aspect corporel, il n’a pu le choisir,
Sa tête est minuscule, et cela, ça l’ennuie ;
Son corps péniblement sur ses jambes s’appuie,
Il a bien de la peine à prendre du plaisir.

Ses mains n’ont pas de doigts, il ne peut rien saisir,
Son maigre poil ne peut l’abriter de la pluie ;
Ses fragiles poumons se sont emplis de suie,
Son âme ne peut plus éprouver de désir.

Or, de tous ces malheurs, jamais il ne se fâche,
Il peut même accomplir une modeste tâche ;
D’un certain réconfort c’est le commencement.

Quelquefois, dans la foule, un visage l’attire ;
Il s’en approche alors et sourit doucement,
Rêvant de retrouver ses talents de satyre.

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