Seconde vie du vieux porc

pig

Partir à la retraite était la fin d’une ère,
J’avais le sentiment qu’il ne me restait rien,
Sinon des souvenirs, devenant aériens,
Ainsi que des lueurs, ou des songes lunaires.

Sous le soleil je pris un repos salutaire,
Puis je déménageai, labeur de galérien ;
Tout fut transbahuté par deux ou trois vauriens,
Je fus en route alors, mais non pas pour Cythère.

Un autre firmament, un tout autre jardin,
Une autre tavernière au langage badin ;
Ainsi, très doucement, ma vie se renouvelle.

Et l’homme que je fus, que fait-il, est-il mort ?
La chose ne saurait me causer nul remords,
Ni non plus tourmenter ma placide cervelle.