Revanche de la tortue

turtle

Tu ne cours plus autant, compère, une fois vieux,
Tu ne tires plus rien de tes jambes de lièvre ;
Moi, je vais mieux que toi, j’ai le sourire aux lèvres,
Mon médecin me dit que tout va pour le mieux.

Un petit nombre d’ans te donnèrent les dieux,
Une brève jeunesse aussi, pleine de fièvre ;
Certes, nos créateurs ne sont pas des orfèvres,
Ils ont même du mal pour ordonner les cieux.

Te voilà donc perdant, mais sois sans amertume,
Les plaisirs d’une vie ne sont que de la brume ;
Nous souffrons un peu moins pendant notre sommeil.

Seras-tu consolé par une adolescente ?
Mieux vaut t’épanouir de façon plus décente,
Contente-toi d’aimer la lune et le soleil.