Crosse de sable

monster

J’appartiens au primat d’une terre étrangère,
Des portraits de démons sont en ses livres saints ;
Il en a mille et un sur sa grande étagère,
Dont sa main reproduit, certains jours, les dessins.

Ne me prenez pas pour une canne légère,
Je sors de l’atelier d’un habile voisin ;
Héphaïstos, qui est du prélat le cousin,
En son antre me fit, que sagement il gère.

L’évêque aime Lilith, plus que sa cousine Eve ;
Il aime l’inframonde où jamais ne s’élève
La voix d’un célébrant qui les prières lit.

Il se montrait jadis avec sa crosse mauve
Qui fut abandonnée en une sombre alcôve,
Et le primat n’est point retourné dans ce lit.