Taureau modeste

bull

Sur les grands combattants je ne prends point modèle,
Mais sur l’agneau des prés, de ses soeurs escorté ;
Aux vaches je voudrais le bonheur apporter,
Donc tu ne me verras jamais me plaindre d’elles.

J’accueille chaque année les génisses nouvelles,
Elles qui de ma part n’ont rien à redouter ;
Ensemble nous allons les oiseaux écouter,
Qui de notre univers les mystères révèlent.

Je ne néglige point mes premières amours
(Du temps où Cupidon me joua quelques tours) ;
Dans le fond de mon coeur la flamme n’est pas morte.

Les veaux, par politesse, écoutent mes discours
Dont le contenu n’est pour eux d’aucun secours ;
L’un d’eux, parfois, sourit, et ça me réconforte.