Fauve d’argent

tiger

Je suis le tigre blanc, le Maître des forêts,
Il est déconseillé de suivre mes empreintes ;
Les dryades souvent savourent mon étreinte
Et la préfèrent même à celle du goret.

Mais je ne la vois plus, celle qui m’adorait,
Avec qui au comptoir je vidais une pinte ;
De ses soeurs éplorées je partage les craintes,
J’ai rêvé l’autre nuit que sa voix m’implorait.

Le Destin nous ravit les personnes aimées ;
En de pareils moments notre âme est désarmée,
Rien ne sert, en tel cas, de se croire un héros.

Une amante s’absente et le monde bascule ;
Le deuil nous désempare et nous désarticule,
Les simples matelots comme les amiraux.