Un oiseau se désaltère

bird

Tranquille je picore et tranquille je bois,
Ou bien je réconforte une oiselle égarée ;
Je lui dis : Chère amie, ne sois pas effarée,
Car aucun prédateur ne rôde au fond des bois.

Par mon ramage expert, et sobre toutefois,
La douce créature est bientôt rassurée ;
Tu verras qu’elle peut se montrer délurée,
Ce spectacle est charmant, j’en suis heureux, ma foi.

Combien ai-je connu de ces rencontres brèves ?
L’âme s’y abandonne ainsi que dans un rêve,
De notre corps l’esprit ne ressent plus les maux.

Chacune a son secret, chacune est sans égale ;
Je leur rends un hommage en assemblant des mots,
À défaut de chanter comme fait la cigale.