Une fleur pour l’infante

flower

Je proviens du jardin d’un humble chevalier,
Sachez que mon image est sur ses armoiries ;
Lui, qui voudrait m’offrir à l’infante Marie,
Rêve de devenir un de ses familiers.

Il guette cette dame au bas des escaliers,
Porté par son amour qui jamais ne varie;
Il n’a pas les moyens d’offrir des pierreries,
Ses petits revenus ne sont pas réguliers.

D’autres jours, chevauchant sa monture piaffante,
Du royal édifice il fait sept fois le tour,
Même dans la saison des chaleurs étouffantes.

Sa flamme, cependant, n’est jamais triomphante,
Telle fut envers lui l’ironie de l’amour ;
Mieux que moi l’ont chanté jadis les troubadours.