Demeure insignifiante

manor

C’est un petit manoir plein de mélancolie
Dont les murs furent peints d’étonnantes couleurs ;
Dans les pièces, je vois des meubles sans valeur,
La plus grande armoire est à moitié démolie.

La lumière décline avant d’être abolie,
S’endorment au jardin les oiseaux et les fleurs ;
La nuit nous offrira ses joies et ses douleurs,
Mêlant notre sagesse avec notre folie.

Sur la route un errant s’avance prudemment,
Il marche près des murs comme un discret amant
Qui voudrait se soustraire au regard des concierges.

Il fut un habitant du manoir, autrefois,
Avec un jeune corps, une âme presque vierge,
Il ne sait que penser de ce lieu qu’il revoit.