Sagesse du comte Roland

Dornkalb

Les Francs ne disent rien, dont est la joie tarie,
Mais des anges sont là, qui soutiennent Roland ;
Ils ont pris, ce matin, les ordres de Marie,
Leur candide fraîcheur calme ce coeur brûlant.

Le fier Turpin, couché, de sa faible voix prie,
Chargé d’un bel espoir qu’il conserve en mourant ;
Assez loin dans le ciel, quelques noirs corbeaux crient,
Encore un peu plus haut passe un nuage errant.

L’armée des Sarrasins est maintenant muette ;
Ce silence n’est pas dicté par le remords,
Il l’est peut-être un peu par le respect des morts.

Dans les deux camps, les preux sont munis d’amulettes,
Car du noir inframonde ils redoutent le feu ;
Le comte les rassure : «ainsi l’a voulu Dieu.»