Grandeur d’un lapin

rabbit

Ce lapin, dans l’aurore, écoute les oiseaux,
Lui qui fut le vainqueur des forces infernales ;
Sur elles, d’un cyclone il lança les rafales,
Le principal démon disparut sous les eaux.

Il fait fuir le goupil en fronçant les naseaux,
Il ne craint même pas la faune tropicale ;
De sa griffe précise, arme chirurgicale,
Il tranche un bout de bois, comme on fait d’un roseau.

Le chasseur du vallon ne le prend plus pour cible,
Renonçant au succès qui lui semble impossible ;
Sur d’autres animaux je le vois faire feu.

Cet animal m’évoque un prince des nuées
Aux yeux duquel un lion n’est qu’un peu de buée ;
Le seul être qu’il craint, c’est un vieux lapin bleu.