Cornes de sinople

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Un bélier plus cornu que ceux de Polyphème,
Devant qui, plusieurs fois, des géants sont tombés,
Par un rusé démon fut un jour dérobé ;
Le berger, dégoûté, se répand en blasphèmes.

Ça ne suffirait point pour en faire un poème,
Car nul dieu de cela ne se vit perturbé ;
Mais les vers que j’écris peuvent tout enrober,
Dont quelques professeurs font des sujets de thème.

Le démon est fautif, cette histoire est limpide,
Mais il agit ainsi parce qu’il est stupide ;
Il fait tranquillement ce que ses pareils font.

Nul tribunal n’ira le remettre à sa place,
Quelques vols de bétail, ça les laisse de glace ;
Ils laissent donc en paix la faune des bas-fonds.