Arbre des muses

tree

Cet arbre tutélaire, ami de la jeunesse,
Se souvient mieux que nous de nos jours envolés ;
Il danse dans le vent sans jamais s’affoler,
Un léger chant d’oiseau l’accompagne sans cesse.

Lui qui ne rencontra ni prince ni princesse,
Il connut des bergers d’amour auréolés ;
Cupidon les avait bellement enjôlés,
Mais l’arbre, pour sa part, n’eut jamais de maîtresse.

Aucun barde jamais n’en fit une chanson,
Pas plus qu’on n’a chanté ses voisins les buissons .
Mais une muse habite en sa forêt natale.

Quand il sera, plus tard, un vieil arbre penchant,
Il ira sans frémir vers une issue fatale,
Mourant sans regretter les muses ni les chants.