Sanctissima crux

cross

Ce sont deux beaux poissons, ce ne sont pas deux planches,
C’est la croix que je vois sur le mur du couvent.
Le fils du charpentier leur a parlé souvent
Quand il marchait sur l’eau, tout seul, à l’aube blanche.

Heureux comme l’oiseau qui chante sur sa branche,
Ces poissons immortels tout le jour vont rêvant ;
Tombe sur eux la pluie, souffle sur eux le vent,
Jamais ils ne craindront l’éclair ni l’avalanche.

Ils vivent dans la paix, puisque leur coeur est droit,
Leur entrelacement représente la Croix
Que chanta le rhapsode ainsi que le trouvère.

Or, j’ai de l’amitié pour ces poissons pensifs,
Avec eux, je suis loin du monde convulsif ;
Et je crains un peu moins l’approche du calvaire.