Le Maître me donne un marteau

marteau

J’ai reçu cet outil, je me demande bien
Ce qu’un marteau et moi nous pourrions faire ensemble.
Je suis fort maladroit, et j’ai ma main qui tremble,
Puis je ne sais pas trop comment cela se tient.

Héphaïstos le fait actionner par ses chiens ;
Mais je suis loin d’avoir un chien qui leur ressemble.
Aussi, dans un carton, mes outils je rassemble,
Tant d’objets sous mon toit, desquels je ne sais rien.

Sans avoir de marteau, sans doute, je peux vivre,
Car mes instruments sont ma plume et mes vieux livres,
Et la bénédiction de quelques auteurs morts.

Le marteau me regarde, il est toujours le même,
C’est un marteau sans maître ainsi que je les aime ;
M’ayant bien contemplé, il s’allonge et s’endort.