Nef de mars et de sable

eszo

Nous progressons dans le vent qui soupire,
Surveillés par les goélands transis ;
Dans l’océan n’est aucun raccourci,
Du vent avons le meilleur et le pire.

Non, ce n’est point une nef de porphyre,
Mais bien de sable, aux couleurs du souci :
Portant la mort, et les amours aussi,
Obscure enfin, plus que je ne sais dire.

Sur cette mer ne faisons que passer ;
De lourds trésors ne pûmes entasser,
Qui rares sont aux chemins qu’on explore.

Fiers matelots sans peur et sans émoi,
Nous n’avons point la nostalgie des toits
Ni des hauts murs dont nos villes s’honorent.