Canidé volant

canidé volant

Ce canidé volant ne dit pas de mensonges,
Il fréquente surtout des lieux inhabités ;
Une proie pour lui seul, son repas se prolonge,
Il mange des morceaux qui lui ont peu coûté.

Tu dis de cet oiseau qu’il n’existe qu’en songe,
J’entends cette objection sans en être irrité :
Je me complais souvent au rêve où je me plonge,
Rêve qui m’attendrit, dans sa simplicité.

Je suis un habitant des antiques provinces,
J’aime l’amusement, et mon savoir est mince,
D’un poème s’emplit ma cervelle d’oiseau.

Je cueille des raisins sur ma modeste treille,
Puis je taille mon lierre avec de grands ciseaux :
Au jardin, comme moi, s’activent des abeilles.