Vigne de sinople et d’autrefois

tesmar

Mon oncle vigneron, dont j’ai perdu l’adresse,
Les figues de chez toi sont douces à manger ;
Ton jardin de jadis me devient étranger,
Lui qui fut un abri pour mes jours de paresse.

La vigne d’autrefois, ma muse et mon hôtesse,
Fut, en ce temps lointain, mon gîte pour songer ;
Et toi, tu en tirais un petit vin léger
Qui donnait de la joie et jamais de tristesse.

Par dizaines, pourtant, ont passé les saisons,
Je n’ai jamais revu l’enclos ni la maison
Où nous étions nourris de ces fruits délectables.

S’éloigner, s’affaiblir, tel est bien notre sort ;
Mais je ne porte point le deuil des instants morts,
Trouvant dans leur mémoire un plaisir véritable.

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