Abel-Baal et Baal-Caïn

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Le ver Baal, qui plus tard fut dieu des idolâtres,
En ses deux héritiers, jadis, mit son honneur,
Grands serpents l’un et l’autre, animaux randonneurs;
Hélas, pour une pomme ils ont voulu se battre.

Ils n’ont rien partagé, dans le printemps folâtre,
Car de la même dame ils voulaient le bonheur,
Chacun du fatal fruit se voulant le donneur,
Comme si cette reine eût été Cléopâtre.

Chacun, dans le combat, fut saigné comme un porc,
Cet Abel, ce Caïn sont unis dans la mort
Quand d’être tentateurs il leur prit fantaisie.

Or, ce double trépas ne fit point dépérir
Celui qui leur avait, c’est vrai, donné la vie,
Mais sans leur enseigner la crainte de mourir.

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