Ambitortue

m-arg

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L’ambitortue fut des sept mers maîtresse,
Elle habitait les grands fonds, tout en bas ;
On peut y voir la trace de ses pas,
Car elle aimait marcher, après la messe.

Mais elle fut mangée par une ogresse
(C’est un destin qui ne pardonne pas) ;
Tous les poissons, apprenant son trépas,
Ont exprimé leur profonde tristesse.

Ses bons vassaux furent compatissants,
Au fond des mers on les vit bâtissant
Un noir tombeau que veille un requin-carme.

Ce poisson-moine, ascète rigoureux,
La gardera des Enfers dangereux
Et du démon-poissonnier, qu’il désarme.

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