Aigle des confins

Anzeme

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On trouve au bout du monde un oiseau solitaire
Qui jamais ne s’adresse aux autres animaux ;
Il vit dans les confins, loin des biens et des maux,
Et cet isolement lui paraît salutaire.

Il ne pense jamais, ni rien, ni le contraire,
On ne l’a jamais vu penché sur des travaux ;
Il somnole debout, comme font les chevaux,
Et se nourrit toujours de choses ordinaires.

C’est un oiseau rêveur, c’est l’oiseau de la paix,
Et ses songes sont là, comme un nuage épais,
Car cette rêverie lui tient lieu de pensée.

Ô frère du vautour, tu n’as pas d’ennemis,
Quand tu sembles veiller, quand tu es endormi,
Nulle ardeur ne surgit dans ton âme glacée.

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