Forgeurs de lune

bridge

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Ils sont tous deux sortis de leur antre infernal,
Car, sur le pont d’azur, un devoir les appelle :
C’est de forger au monde une lune fidèle
Qui, veillant sur nos nuits, les gardera du mal.

Le vent fait frissonner l’eau du fleuve fatal,
Mais les vaches sacrées jamais ne sont cruelles ;
Puisque le double coq les estime assez belles,
Elles sourient au flot qui s’écoule en aval.

Sur le vaste cours d’eau ne passe nulle barque,
Le grand pont ne reçoit nul invité de marque ;
Les forgerons sont seuls avec l’idée de de Dieu.

De Dieu, ou d’un non-dieu, c’est pareil pour leurs âmes,
La barque est une nef, avec ou sans ses rames,
Seul le travail bien fait trouve grâce à leurs yeux.

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