Arbre à phénix

ar-a-ph

image de l’auteur

Ce n’est point, dans la cour, une aimable tonnelle ;
Il n’est pas abreuvé par le fleuve Léthé,
Mais il pousse bien loin des plantations de thé :
Viennent mille phénix y reposer leurs ailes.

Or, l’espoir en leur coeur et la crainte se mêlent,
Sachant qu’il faut brûler quand finit leur été ;
Vont-ils redevenir l’oiseau qu’ils ont été ?
C’est un mystère ardent que la flamme recèle.

Car le corps du phénix est son propre ennemi,
Et son âme, parfois, le comprend à demi,
Quand il se vient poser sur l’arbre sans feuillage.

Comment ce corps revit, l’oiseau ne le sait pas,
Sa conscience en ce jour le lui narre tout bas,
Jamais il ne comprit cet étrange langage.