Nef qui vole

nf-q-vl

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Comme un vaillant nageur qui gonfle sa poitrine,
J’ouvre, au-dessus de moi, mes voiles en beauté ;
Les poissons de la mer, dans leur diversité,
Sont curieux de savoir quel intrus les domine.

Est-ce le transporteur d’une flamme divine,
Est-ce le poursuivant de forbans agités ?
Plus d’un poisson s’alarme, et craint la cruauté
D’un nouveau prédateur, effrayante vermine.

J’ai franchi l’horizon, nul ne peut plus me voir,
Car tel fut, de tout temps, mon étrange pouvoir :
Celui de traverser le Ponant qui s’enflamme.

De l’océan profond, j’entends battre le coeur ;
J’oublie tous les plaisirs et toutes les douleurs,
Dans mille ans, les marins verront voler mon âme.