Drac d’azur

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Le drac d’azur ne vit jamais dans une étable,
Mais au fond du jardin de l’hôpital des fous.
Est-ce dans une grotte, est-ce dans un grand trou ?
Il a le verre en main, le flacon sur la table.

Son oncle était marquis, son aïeul connétable,
Lui, c’est moins d’embarras, car il n’est rien du tout ;
Les honneurs, la richesse, à vrai dire, il s’en fout,
En fait de nonchaloir, je le crois imbattable.

Voudriez-vous avoir un tel époux, madame ?
Car, jamais de tels gens n’importunent les femmes,
Ni ne deviennent durs quand ils sont malheureux.

Le matin, sans ronfler, ils dorment dans la chambre,
Ramassent au jardin les feuilles en novembre,
Et mangent du magret, s’ils ont un petit creux.