Ambigrue

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L’ambigrue, arborant ses plumes pour parure,
Tout au long de sa vie, ne fait rien de pervers ;
Elle est sage en automne et tranquille en hiver,
Ne buvant jamais l’eau des fontaines impures.

Sa griffe délicate aux fines ciselures
Excelle à découvrir la cachette des vers :
Sous les sables marins savamment entrouverts,
Elle les prend au nid, quotidienne pâture.

Son vol n’assombrit pas la clarté du ciel bleu ;
L’ondine la salue de ses bras onduleux
Et son plumage d’or est habit de lumière.

Le poète, gardant un sourire ténu,
N’a que peu de regret du petit ver tout nu
Qu’a mangé l’ambigrue en retournant les pierres.