Cracheur de flammes

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De feu ni de chaleur ne suis rassasié ;
J’ai chez moi trois bûchers, que jamais rien ne voile,
Et, si je le pouvais, j’y mettrais les étoiles
Pour les faire glisser dans mon vaste gosier.

Quand s’éveille un volcan, mon coeur extasié
Bat quelque peu plus vite, et même, je me poile
En songeant que nul mur, de granit ou de toile,
Ne saurait contenir ce vivace brasier.

Je suis le noir dragon, simples sont mes pensées,
Chose autre qu’une flamme est par moi délaissée,
Grâce à leur vif éclat, j’échappe au désespoir.

Quand plus tendre se fait la dragonne farouche,
La même combustion réchauffe nos deux bouches :
Le feu croit s’observer dans un ardent miroir.