Arbre sauvage

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Cet arbre est un ermite, et parfois l’on croirait
Qu’il aimerait pousser bien loin d’une forêt,
Peut-être dans un cloître au coeur d’un monastère,
N’ayant pour compagnons que des moines austères.

Lassé de côtoyer les sapins résineux,
Il ne tourne jamais son attention vers eux,
Mais vers le froid brouillard, vers les nuages ternes,
Vers le cyclope âgé qui dort en sa caverne.

Sur ses branches, parfois, peut se percher un coq ;
Le grand chêne, aussitôt, devient froid comme un roc,
Sombre comme serait la vestale outragée
Si au temple venait la foule ensauvagée.