Ambiphénix

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Le bel ambiphénix s’installe en un vallon ;
Il sait que c’est la fin de sa présente gloire,
Aussi a-t-il meublé ce dernier territoire
D’un somptueux bûcher, qui ne craint l’aquilon ;

À son dernier repas, des tranches de melon,
Un petit vin rosé, bien agréable à boire,
Et les beaux souvenirs de ses nobles victoires
Pour lesquelles point n’a demandé de galons.

L’orage en ce vallon, dans la nuit, brûle et tonne,
Le bel oiseau trépasse en ce début d’automne,
La clarté de la flamme illumine ces lieux.

Le dragon, s’il est vieux, s’endort au marécage,
Le passereau, mourant, se cache en un bocage,
L’ambiphénix renaît à la face des cieux.