Serpentaure

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Il n’a jamais le temps de courtiser les dames,
La chasse emplit ses jours, et les combats aussi,
La vie du serpentaure est un constant souci,
Car ce monstre se brûle avec sa propre flamme.

Il ne peut surmonter la crainte qui l’entame,
Le torturant, ainsi qu’un amoureux transi ;
Contre lui-même, hélas, son coeur est endurci,
Telle est l’étrange loi qui dévore son âme.

Vainement ses amis le confortent, alors
Que la haine de soi fait trembler tout son corps,
Et que son sang se fige en une froide glace ;

Trouve-t-il donc sa joie en pareille langueur ?
Ce serpentaure, ayant un cauchemar pour coeur,
Ne voudrait, cependant, jamais perdre la face.