Corbeaux de sinople

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Planète des corbeaux, planète empoisonnée,
Eux-mêmes vous diront que l’air leur semble bon ;
Ils n’ont pas, comme ici, la noirceur du charbon,
Mais changent de couleur, aux saisons de l’année.

Ils ne font que chanter des chansons surannées,
Contemplant, tout le jour, leur soleil moribond,
Puis ils s’en vont manger des tranches de jambon,
Oubliant, presque tous, la chanson fredonnée.

Planète des corbeaux, planète de mensonge,
De m’y trouver un jour, point ne faut qu’ils y songent
Je les laisse chanter sur leurs grands arbres morts.

De sinople, un corbeau rêve de boucheries,
Mais aucun animal n’arpente la prairie ;
Nul ne soufffre par eux, ce m’est un réconfort.