Cheval de gueules

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De gueules, ce cheval vit en terre inconnue ;
Il est assez ardu d’en faire le portrait,
Car cette bête-là, qu’on dirait ingénue,
Souvent cache son corps dans des endroits secrets.

Lorsqu’un dragon volant surgit du fond des nues,
Il porte un cavalier qui le perce d’un trait ;
Et le monstre subit une déconvenue,
Qui à son triste sort jamais ne se soustrait.

Cheval, tu vas, au gré de ta course légère,
Combien vis-tu mourir de dragons éphémères
Qui n’accomplirent point leurs funestes désirs ?

Dans la lueur du soir, je crois parfois entendre
Des redoutables arcs la corde se détendre,
Et la flèche voler dans le bruit d’un soupir.