Nef de l’ange étrange

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L’ange étrange est joyeux, ainsi qu’un sansonnet,
Il sourit tout le jour, sa voix est grave est tendre ;
Quand il voit de la nef la voilure se tendre,
Il chante au vent du Nord les chansons qu’il connaît.

La nef, vers le ponant, s’éloigne sans attendre ;
L’ange, à cette occasion, improvise un sonnet,
Les nuages au ciel ne cessent de s’étendre,
Comme des nénuphars aux tableaux de Monet.

Anges de ce tonneau n’entrent point dans l’Histoire ;
Nul chef-d’oeuvre ne sort de leur humble écritoire,
Il ne sera jamais quelqu’un de très connu.

Or, tu le vois, baignant dans sa modeste vie,
Son coeur en est comblé, son âme en est ravie,
Ange sans possessions, sans fief, sans revenus.