Anachorète

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L’ermite prie sans se laisser distraire,
De l’ermitage, il ne peut s’absenter ;
Le loup qui semble, au soir, se lamenter,
N’a point raison de sa ferveur austère.

Qu’il est pensif, cet homme solitaire !
Plusieurs démons ont beau se présenter
Pour le surprendre et pour l’épouvanter,
Il ne craint rien, il rit, bien au contraire.

Au ciel n’est pas son étoile ternie ;
Il vit sa vie, sans autre compagnie
Que d’un succube et de son chant de mort.

Bien rares sont les gens de cette sorte,
Qui, aux jardins où jaunit l’herbe morte,
Semblent trouver un étrange confort.