Deux boucs héraldistes

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L’écu fut dessiné par deux boucs inconnus,
On pense que c’était pour orner un mur nu ;
Le valet qui les sert avec sollicitude
Aime ce fier blason, meublant leur solitude.

Le voyageur, passant par ce pays sans lois,
Chez ces deux bons seigneurs peut dormir sans effroi.
Nul ne les vit gronder, ni se mettre en colère,
On me dit que leur âme est comme de l’eau claire.

Il fait bon séjourner chez ces boucs sans orgueil,
Oubliant, de la vie quotidienne, les deuils;
Vers le soir, on savoure un alcool de prunelle
Dans les feux du couchant, rougissant la tonnelle.