Lune des éléphants

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Ce sont trois éléphants, toujours nourris de chaume,
Sous un triste fardeau n’ayant jamais ployé,
Quand la lune s’en vient dans la nuit qui embaume,
Ils s’en vont, tous les trois, rejoindre leur foyer.

Le plus jeune des trois est né de l’an dernier,
À peine connaît-il, du ciel, le vaste dôme ;
Les deux autres, deux vieux sujets de ce royaume,
Se rappellent l’enfant qu’ils entendaient crier.

Jamais ils ne verront les rives de la Seine,
À quoi l’indifférence, en eux, est souveraine ;
Pas plus qu’ils ne voudront s’installer sous un toit.

C’est la sérénité qui fait vivre leur âme,
Et nul besoin, pour eux, de prier Notre-Dame :
La lune leur suffit, nouvelle chaque mois.