Planète des aigles

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Les aigles vont songeant, bien bref est leur sommeil,
Ils rêvent d’une proie, douce quand on la touche,
Tiède quand, auprès d’eux, son corps vaincu se couche,
Calme, même en versant un flot de sang vermeil.

Nous pouvons observer que leur rêve est pareil
À leur vécu du jour, sur lequel il débouche :
Car, nuit et jour, l’esprit de ces oiseaux farouches
A cette vénerie pour unique soleil.

Jamais ne rêveront d’une licorne pure
Dont la blanche crinière est une chevelure
Illuminant la nuit de sa froide pâleur,

Dansant, dessous la lune, une valse amoureuse,
Chantonnant comme fait une vestale heureuse ;
Jamais ne rêveront qu’ils vont cueillir des fleurs.