Goupil-Argus

rn-pa.png

image de l’auteur

Il a dans un jardin son aimable séjour,
Ce grand Goupil-Argus dont le plumage ondoie ;
Il y traîne sa queue sur de petites voies,
Sous le ciel que la lune orne au début du jour.

L’été, dans ce domaine, est bientôt de retour,
La flore est prolifique, et l’herbage verdoie,
Les insectes sont gais, les oiseaux sont en joie,
Sur la plus belle branche, ils chantent tour à tour.

Or, le Goupil-Argus n’a qu’un langage morne :
Non point l’appel puissant du boeuf aux belles cornes,
Mais un soupir grinçant, un bien étrange bruit.

Certains jours, il se dit qu’avec lui, la nature
A pu, sous ce rapport, se montrer un peu dure ;
Mais il n’y pense plus, lorsque revient la nuit.