Cinq morues volantes

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C’est la morue d’azur qui voyage sans trêve,
Espérant, grâce à ça, rompre son célibat ;
De gueules, la morue vers le ciel d’or s’élève,
Qui veut, avec un ange, engager un combat.

C’est la morue de pourpre, aimant trop les débats,
Qui ne connaît point l’art de la sentence brève ;
Mais la morue de sable, approchant de la grève,
À l’ombre d’une roche abrite ses ébats.

La morue de sinople émigre en Angleterre
Afin d’y méditer dans un lieu solitaire,
Trouvant que les morues, ses soeurs, font trop de bruit.

Leur mère était, dit-on, la morue de montagne
Qui baronne fut faite, au temps de Charlemagne,
Pour lui avoir offert un grand panier de fruits.