Rêve d’un céphalophore

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— Homme décapité, comment est ton sommeil ?
— Ah ! c’est, plus que le mien, celui du sang vermeil;
De paupières n’ai plus, de sourcils, ni d’arcades ;
Toujours coule mon fluide, ainsi qu’une cascade.

— Homme décapité, peux-tu sentir les fleurs ?
— Même pas, je ne peux deviner leur couleur,
Mais j’aime, encore un peu, le contact d’une femme,
Non point pour sa chaleur, plutôt pour sa belle âme.

— Homme décapité, que fais-tu de tes bras ?
— Que répondre ? Ils sont là, laissés dans l’embarras,
Disant qu’heureusement leur histoire s’achève,
Comme meurt l’univers, comme finit un rêve.