Le serpent du cloître

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Les chartreux ont nourri un grand serpent dans l’ombre ;
En ce cloître, il régit les vivants et les morts,
Mangeant des campagnols et des lérots sans nombre.

D’avoir choisi ce maître, ils n’ont aucun remords,
Car il sait veiller sur le monastère blême,
Dans le mitan duquel se vautre son vieux corps.

En cellule, au jardin, au confessionnal, même,
Ils disent, devant lui, leurs joies et leurs chagrins
Et je ne jetterai sur eux nul anathème,

Car c’est un héritier du fier serpent d’airain,
L’habitant du jardin, dont parlent les poèmes,
Lucifer, qui d’Adam fut l’oncle et le parrain.