Arbrisseau

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Au matin printanier, quand les oiseaux s’émeuvent,
La fleur d’un petit arbre exhale son encens ;
Sur mon banc de jardin, confusément, je sens
Que la branche, demain, de la fleur sera veuve.

Ce jardin si changeant, serait-il une preuve
Que tout doit s’altérer, au passage du temps ?
Chaque nouvel avril, les oiseaux sont contents
De rencontrer sur l’arbre une floraison neuve.

Un cloporte, arborant son costume banal,
Traverse un filet d’eau, qu’il prend pour un canal ;
Un plan d’eau minuscule, où ne vogue nul cygne.

De toutes les leçons que ce jardin m’apprit,
Voici celle qui plaît, ce jour, à mon esprit :
Si j’aime le raisin, je dois aimer la vigne.