Fruits mal défendus

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Le cerf, jamais, n’usa d’un langage pompeux ;
Quand l’humain veut cueillir quelques fruits pour sa fête,
Il ne sait opposer ce que la Loi décrète,
Il dit : « Comme gardien, je fais ce que je peux ».

Il ne veut point lutter, il se trouve un peu vieux,
Il préfère avancer son labeur de poète,
Va toujours retouchant cette oeuvre à moitié faite,
Que l’humain mange un fruit, pourquoi pas, c’est tant mieux.

Le seigneur du jardin, qui se demande encore
Pourquoi désobéit cet être qui l’adore,
Se dit : « J’ai fait erreur, en créant la raison ».

Puis, avec le serpent, il s’en va boire un verre ;
Ils font une excursion parmi les primevères,
Écoutant chantonner l’oiseau de la saison.