Porteur de quatre cornes

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C’est le double taureau, qui jamais ne se trompe ;
Il a son tribunal en un sombre tripot
Dont les tapisseries ne sont que vieux drapeaux,
Où la bière est servie à grand renfort de pompes.

Les dons d’admirateurs jamais ne le corrompent,
Soit qu’ils viennent d’un barde aux tristes oripeaux
Ou d’un puissant évêque à l’étrange chapeau ;
Avec le juste droit, nul risque qu’il ne rompe.

Ne lui offre donc pas, dans sa cage, un beau merle,
Ni d’épingle à cravate adornée d’une perle,
Ni le pyrénéen et savoureux jambon.

À la rigueur, s’il vient honorer ta masure
Vers l’heure du berger, sers-lui avec mesure,
Sur une table basse, un verre de bourbon.